Les pratiques manuelles occupent une place ancienne dans la culture japonaise. L’histoire du Shiatsu relie cet héritage à l’émergence de courants modernes, à la structuration de leur enseignement et à leur diffusion hors du Japon.
Ce parcours explore l’Anma, les transformations des pratiques, leur dimension philosophique et la transmission des maîtres.
Le récit historique retenu ici situe au VIe siècle l’arrivée au Japon de pratiques issues de la médecine chinoise, dont les techniques manuelles. Ces influences s’inscrivent dans l’héritage du Kampô, la tradition médicale chinoise développée et adaptée au Japon.
L’Anma, également appelé Amma, appartient à cet héritage. Les premières mentions écrites de ce nom au Japon sont situées aux environs de l’an 700 dans ce récit. L’Anma ancien y apparaît comme une pratique associant travail manuel, observation et compréhension de la personne.
Au fil des siècles, cette pratique prend différentes formes et occupe une place importante dans la vie quotidienne. Le récit historique de l’Institut souligne notamment le rôle des praticiens aveugles, dont la sensibilité du toucher était appréciée.
L’histoire de ces pratiques ne se limite pas à celle des gestes. Dans cette conception globale, le corps, le vécu et les habitudes de vie sont envisagés ensemble. La pratique manuelle s’inscrit ainsi dans une recherche d’équilibre qui dépasse la seule zone travaillée.
Dans la transmission présentée par Michel Odoul, l’observation, la répétition et la relation entre maître et élève occupent une place importante. Le placement du corps, la respiration et la qualité de présence se transmettent avec la technique. Le Shiatsu se transmet ainsi comme un savoir pratique, mais aussi comme une manière d’aborder le geste et la relation à la personne.
La réouverture et la modernisation du Japon au XIXe siècle favorisent les échanges avec l’Occident et l’introduction de nouvelles approches du massage. Au début du XXe siècle, les pratiques traditionnelles connaissent également un renouveau. Le Shiatsu moderne se développe dans ce contexte de rencontre entre héritage et nouvelles méthodes.
L’origine du terme Shiatsu ne peut être réduite à l’action d’un seul maître. Tokujiro Namikoshi occupe cependant une place majeure dans sa structuration et son enseignement au XXe siècle.
La création de l’école de Namikoshi à Tokyo en 1940 marque une étape de cette structuration. Shizuto Masunaga développe ensuite son propre enseignement et fonde le centre Iokaï en 1968. Ses publications et leur traduction contribuent à la diffusion de son approche.
Ces trajectoires illustrent le développement de différents courants du Shiatsu au cours du XXe siècle. Leurs différences de référentiels sont présentées dans la page Le Shiatsu.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’enseignement et l’exercice du Shiatsu se structurent davantage. Plusieurs dates permettent de suivre cette évolution, en distinguant l’histoire d’une école de celle du cadre professionnel.
| Date | Étape |
|---|---|
| 1940 | Fondation de l’école de Namikoshi à Tokyo. |
| 1955 | L’établissement est autorisé comme école sous le nom de Japan Shiatsu School. |
| 1957 | L’école obtient l’agrément du ministère japonais de la Santé. |
| 1964 | Une modification de la législation japonaise inscrit explicitement le Shiatsu dans le cadre professionnel de l’Anma, du massage et du Shiatsu. |
Ces étapes témoignent de la place acquise par le Shiatsu dans la formation et l’encadrement des pratiques manuelles au Japon. Elles appartiennent à une histoire nationale précise ; les enquêtes de l’IFS permettent d’explorer la diffusion de la pratique dans d’autres pays.
Parmi les voies de transmission en France, la filiation Nakazono occupe une place particulière dans l’histoire de l’Institut. Maître d’Aïkido, Masahiro Nakazono associe sa pratique du Shiatsu à une conception dans laquelle le geste, l’intention et la qualité d’être du praticien sont liés.
Cette transmission se poursuit auprès de Pierre Molinari, élève et assistant de Nakazono. C’est à travers l’Aïkido que le fondateur de l’IFS rencontre cet enseignement, avant de se former auprès de Molinari et de devenir son assistant pendant plusieurs années.
La filiation Nakazono → Pierre Molinari → Michel Odoul constitue ainsi un repère de la transmission poursuivie à l’IFS. La page Le style Nakazono en développe les particularités ; la présentation pédagogique de l’Institut explique son prolongement dans l’enseignement.
Le Shiatsu est une pratique vivante, dont les techniques s’adaptent à la personne et à son contexte. Pour comprendre les gestes et les approches, consultez Le Shiatsu ; pour approfondir leur finalité, découvrez Le rôle du Shiatsu.
Les enquêtes réalisées en Europe et au Japon en 2004–2006 apportent un regard documentaire sur les écoles et les pratiques rencontrées à cette période.